EGLISE ROMANO-BYSANTINE SAINT JEAN BAPTISTE XIIème siècle


Construite à la fin du XIème siècle, vers 1083, sur ordre de Raynaud de Thiviers, alors évêque de Périgueux, l’Eglise de Saint-Jean de Côle, devenue église paroissiale au fil du temps, est en fait l’ancienne église du prieuré.
Elle est placée sous le patronage de Saint-Jean Baptiste.
L'église Saint Jean Baptiste
La construction
Cet édifice, parfaitement orienté, possède un plan insolite, unique en Périgord et peut-être même en France. L’église semble s’organiser en demi-cercle autour de l’abside, puisque la nef est constituée d’une seule travée carrée, surmontée à l’origine d’une coupole.
Cette coupole a disparu une première fois pendant les guerres anglaises, puis a été reconstruite, vraisemblablement avec beaucoup de difficultés si l’on en juge par les renforts qui ont été apportés aux piliers d’origine, pour éviter l’écroulement de l’ensemble sous le poids. Possédant un diamètre de 12,60 mètres, cette coupole était la seconde du Périgord, derrière celles de la Cité, à Périgueux, qui mesurent 13 mètres, et avant celles de la cathédrale de St-Front, toujours à Périgueux, qui ne mesurent qu’un peu plus de 11 mètres.
On peut ainsi imaginer le poids de cette coupole, construite avec les matériaux relativement lourds de l’époque et reposant sur les quatre piles, écartelées par la poussée de l’édifice, d’autant plus que les chapelles installées dans les grands arcs ont affaibli leur résistance.
Visible sur une gravure du XVIIIème siècle, qui est le seul document qui en témoigne, la coupole s’est effondrée en 1787, puis à nouveau en 1860,après sa reconstruction.
L'autel, floralies 2002
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L’intérieur
Près de l’entrée, le bénitier en pierre est daté de 1734.
L’abside, au centre, comme les chapelles rayonnantes, est éclairée par des baies en plein cintre. Celles-ci sont ornées d’un boudin torique qui retombe sur des colonnettes à chapiteaux délicatement sculptés d’animaux et de personnages. Certaines baies ont été aveuglées, soit par les boiseries, dans l’abside, soit par l’épaississement du mur, visible de l’extérieur, pour la chapelle sud-ouest à droite de l’entrée).
Le rétable de l’autel principal est en bois polychromé. L’abside est recouverte, depuis le XVIIIème siècle, de boiseries présentant des panneaux sculptés et des peintures sur toile, de l’école de Lesueur (1616-1655).
Celles-ci représentent, en se plaçant face au choeur :
- au centre, derrière l’autel principal, le baptême du Christ par Saint-Jean Baptiste
- en haut, à gauche, après un médaillon ovale représentant la Vierge, un grand tableau représentant Saint-Augustin, évêque d’Hipponne au V°.siècle, et fondateur de l’ordre des chanoines réguliers, qui occupèrent le prieuré lors de sa création.
- en dessous, Sainte Radegonde
- puis, à gauche de l’autel, les Pères du désert (dont Saint-Antoine)
- à droite de l’autel, en bas, Saint Léonard, fort populaire en Périgord et en Limousin
- puis Saint Sébastien
- en haut à droite, Sainte Geneviève, faisant paître son troupeau et rappelant les génovéfains qui ont succédé aux augustiniens
- enfin, à droite, un médaillon ovale représentant le Christ.
Dans la chapelle sud (à droite en entrant), consacrée à St-Joseph, on peut admirer, dans un enfeu percé sous une fenêtre, un gisant qui serait celui de Geoffroy de la Marthonie, évêque d’Amiens et petit-fils de Mondot de la Marthonie.
Entre le chœur et la chapelle, une porte murée donnait accès à une chapelle démolie depuis, vraisemblablement consacrée à St-Côme et St-Damien et où plusieurs sarcophages ont été découverts lors de fouilles.
Entre le chœur et la chapelle nord, un bas relief en pierre polychromé, représentant la Vierge, pourrait passer pour un objet datant de l’époque romane, mais la présence de deux anges céroféraires à ses pieds et la date inscrite (1617), démontrent qu’il s’agit d’une œuvre plus récente.

Dans la chapelle nord, une Vierge à l’Enfant, datant du XVIIème siècle, présente la particularité de tenir l’Enfant Jésus sur le bras droit.
L’extérieur
L’édifice est construit dans un bel appareil de grès, assez régulier, tantôt gris, tantôt légèrement ocré.
Le côté ouest offre l’apparence d’une haute muraille, de plus de 12 mètres de haut, où l’on relève différentes reprises, ainsi qu’une brèche importante, comblée. L’ensemble offre plutôt l’apparence d’une forteresse.
La présence de deux goutterots et les traces d’un grand arc en plein cintre, de 8 m d’ouverture et des naissances de pendentifs laissent penser que les bâtisseurs avaient un projet plus important.
La porte sud, par laquelle on entre aujourd’hui dans l’église, a été ajoutée, vraisemblablement pour permettre l’accès des paroissiens du village. Ce petit portail, qui ajoute au charme et au caractère insolite de l’église, s’ouvre sous une archivolte brisée, à moulure torique, torsade et tête de clous, dans un mauvais état, qui rend indéchiffrables les chapiteaux des colonnettes.
La forme pentagonale de l’abside et des deux chapelles rayonnantes est particulièrement bien visible de l’extérieur. Elles sont revêtues chacune de cinq arcs d’applique, retombant sur des contre-forts colonnes, ce qui traduit une influence saintongeaise.
Les onze chapiteaux (dont l’un est noyé dans la maçonnerie) présente différentes scènes de la Bible : - Daniel dans la fosse aux lions
- l’Annonciation
- Dieu modelant la tête de l’Homme
- Noé sous les vignes
Entourant chaque chapelle, une corniche en quart de rond repose sur 75 morillons sculptés, représentant des masques, des lutteurs, des contorsionnistes, des animaux, des oiseaux.

L'église est ouverte tous le jours de 8h30 à 19h30.


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